Les premiers Gravesonnais...
Depuis quelques années, le site de La Roque (autrefois "Bellinto"), situé entre le village de Barbentane et de Graveson, est le théâtre de fouilles archéologiques chères à Graveson. C'est là, en effet, que les traces des premiers gravesonnais ont été découvertes sur plus de I0 hectares. Monnais, poteries, ustensiles de cuisine, silex taillés et de fragments de céramique modelé ont prouvé l'existence d'habitants dès la Préhistoire. Ce lieu est rare par sa diversité (lieu d'habitation protégé par d'épais remparts, lieu de culte, lieu d'activité avec un petit artisanat, nécropole..) et sa position (site en hauteur en bordure de la Montagnette). Des traces d'occupation significatives nous font avancer dans le courant du VIème siècle avant notre ère. La fin du VIème - début du Vème avant JC - voit la naissance d'un système de construction plus complexe avec des bases de murs en pierre. La période Gallo-Romaine marque une longévité certaine puisque la présence romaine sera continue jusqu'au Vème siècle après JC. Cette période est riche de par les nombreuses trouvailles telles que céramiques ou monnaies mais elle laisse apparaître des structures routières reliant les différents oppida et surtout la fameuse Voies Agrippa qui reliait Arles à Lyon. Après les Romains, ce site deviendra une nécropole où 26 tombes ont été mises à jour. Au long abandon succédera une période dite moderne (XVIIIè). Les fouilles ont permis de mettre à jour un rempart, une tour (VIè avant JC) et un puits. En 1793, on découvrit un très beau cippe en marbre blanc datant du 1er siècle. Il faisait partie d'un monument funéraire ; il est actuellement exposé au Musée Lapidaire à Avignon.
Le Moyen - Age...
Après 500 ans de Paix Romaine, les invasions détruisent le site de la Roque. Le nom de Graveson apparaît dès le IXème dans les Chartes du Pays d'Avignon. La féodalité va structurer la région par l'hérédité des puissantes familles militaires d'origine Burgonde. Comme beaucoup de village à cette époque, Graveson était protégé par des remparts. Edifiés sur des vestiges antiques, ils furent reconstruits sur un tracé orthogonal Nord-Sud et ils formaient une enceinte continue de coursives où tours, rondes ou carrées alternaient dans lesquelles étaient ouvertes portes et poternes. D'une épaisseur d'1,80m et de 8m de haut, doublés à l'intérieur d'un chemin de ronde avec des fossés ; ils constituaient une protection essentielle pendant les guerres politiques et religieuses de cette époque (ils disparurent début de XIXème). Le château féodal (dont il ne reste que la façade Nord) situé au centre du village, vivait au rythme des seigneurs de la noblesse Provençale (Sabran - Amic, Gantalmo, Pierre de Beauveau, grand sénéchal du Roi René et Pierre Robin, médecin du Roi René...). Le Grand Portail, édifice qui abrite le bureau d'accueil de l'Office de Tourisme, est le symbole de cette époque : sa fonction première fut d'être l'entrée principale du côté ouest du village.
La Religion...
Graveson a toujours été attaché à la religion et au culte. Au XIIè, les Archevêques d'Arles et d'Avignon se partagent les droits et revenus d'une paroisse où l'église romane dédiée à Notre Dame de Grâce est terminée. Les comtes de Provence ayant cédé le terrain à l'Abbaye de Montmajour, la communauté s'organise avec des syndics. L'Eglise a été construite avant le XIè sur un lieu de culture antique, plusieurs fois remaniée et agrandie, elle occupe depuis son origine le même emplacement. Autrefois accolée au château seigneurial, elle est aujourd'hui dégagée par une grande place. Sa reconstruction partielle et son agrandissement en 1847-1848 (sur une partie de l'ancien château démoli à la Révolution), en font une des plus vastes du département. Dans cette reconstruction, la nef romane en berceau brisé du XIIè et ses bas gothiques ont disparu. Toutefois, on a conservé les 2 chapelles absidiales et le choeur qui supporte le dôme et le clocher. L'abside romane de Graveson fait partie d'une série de monuments qu'on retrouve dans toute la Provence du XIIè siècle où les absides sont décorées d'arcatures inspirées de l'Antique. Peu d'églises peuvent s'enorgueillir de posséder d'aussi belles oeuvres artistiques telles que les toiles du XVII-XVIIIè (Marie au pied de la croix ou Les Ames du Purgatoire...). L'Eglise est très présente dans les traditions, c'est ici que la Messe de St Eloi et la cérémonie de Pastrage lors de la Messe de Minuit sont données.
L’Age d’Or : du XVIII° à nos jours...
Cette époque constitue pour Graveson une période que nous pouvons qualifier de « glorieuse ». C’est à partir du XVIII° siècle que le village recommence peu à peu à se développer et à prendre de l’ampleur ; les activités se multiplient. Jusqu’au XVIII siècle, le village avait peu débordé de l’enceinte primitive, en dehors des remparts seulement deux quartiers (à l’est le Vieux Marseille et à l’ouest, Lamanon) avait vu le jour. « Les lois révolutionnaires feront passer les domaines de la noblesse et du clergé aux mains des bourgeois. La fin du XVIII° constitue une période où l’essor démographique et économique profite au village de provence. La plus grande partie du terroir devient cultivable et irrigable d’où l’extension des cultures (jardinages, horticulture fruitière…). L’architecture de Graveson version XXI° ressemble beaucoup au Graveson de ces siècles : les anciens nous ont mis sur la voie de la modernité la Roubine (entièrement ouverte), la Vierge ( « Ils m’ont placé là pour être leur gardienne ») , la Mairie, les quartiers si familiers. Le Cours est né au début du XIX° suite à la démolition des remparts dont on voit les grosses pierres du couronnement alignées sur les bords. Fin du XIX°, le monde rural gravesonnais connaît de multiples crises qui conduiront à la disparition des cultures traditionnelles mais grâce au développement du réseau routier, au chemin de fer, à l’irrigation par forages, à la mécanisation agricole, à la création de marchés quotidiens on assistera à une reconversion dynamique des cultures. Graveson a entamé de façon sereine le XX°siècle. C’est au cours de ce siècle, que nous venons de quitter, que la commune (3787 habitants), après de nombreuses crises (notamment agricoles, guerres…) retrouve une dynamique où l’on cultive un art de vivre certain, un respect des traditions avec la redécouverte des fêtes et une modernité qui attire une population de plus en plus jeune.
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